Qu’est-ce que l’endométriose
L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire et chronique fréquente qui concerne près de 10% des femmes. Elle se caractérise par la présence, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus, appelée endomètre. Les atteintes peuvent toucher l’ensemble de l’appareil génital et avoir des conséquences urinaires et digestives. La maladie peut évoluer de la puberté à la ménopause. Elle provoque souvent des douleurs.
Même si les formes peuvent varier (lien vers l’article sur les formes de l’endométriose) d’une patiente à l’autre, il existe des syndromes très évocateurs.
Douleurs pendant les règles
Pendant longtemps, on considérait que les douleurs menstruelles étaient normales et l’on pouvait passer à côté de la maladie. Aujourd’hui, les médecins sont plus attentifs à ce symptôme, surtout si les douleurs sont fortes, régulières, persistantes. On appelle cela les dysménorrhées. Elles peuvent survenir en bas du ventre, en bas du dos le plus souvent.
Douleurs pendant les rapports sexuels
C’est le deuxième symptôme le plus souvent évoqué par les patientes. On appelle cela les dyspareunies. Elles surviennent généralement au moment de la pénétration, mais aussi, parfois, dès les caresses. Les douleurs peuvent perdurer après les rapports intimes, notamment dans le bas ventre.
Troubles urinaires
Il arrive fréquemment que l’endométriose provoque des difficultés de miction, lorsqu’on fait pipi. Les patientes peuvent éprouver des sensations d’infection urinaire à répétition et avoir des envies d’uriner très souvent… Ces troubles sont appelés les dysuries et concerneraient près de la moitié des malades.
Troubles digestifs
Ces symptômes sont également fréquents, puisqu’ils toucheraient environ 80% des patientes, notamment les ballonnements et gonflements. Les malades peuvent éprouver également des douleurs pour éliminer les selles, alterner diarrhées et constipations… On appelle cela les dyschésies.
Autres douleurs
Les douleurs pelviennes, au bas ventre, chroniques, sont souvent évoquées. Des patientes peuvent encore souffrir du dos, des épaules, éprouver une sensation de fatigue lancinante et continue (l’asthénie).
L’infertilité
Votre gynécologue peut être alertée par une patiente qui cherche, en vain, à avoir un enfant. L’infertilité peut en effet être une conséquence de l’endométriose, mais ce n’est pas systématique. On estime que plus de la moitié des patientes souffrant d’endométriose peuvent avoir une grossesse normale.
À noter qu’on peut présenter ces symptômes sans être atteinte d’une endométriose…
Qu’est-ce que la douleur ?
Il est difficile de définir la douleur, qui peut aller du simple désagrément à des sensations très pénibles, voire insupportables. Selon l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes ». Les douleurs peuvent être aigües, chroniques, liées aux soins… Il n’est pas évident de les décrire à son médecin : oppression, coup de poignard, brûlure, crampe, piqûre… Comme chacun réagit différemment à la douleur, un moyen de la caractériser est d’indiquer un niveau sur une échelle numérique simplifiée (ENS) de 1 à 10, ou sur une échelle visuelle analogique (EVA), qui va de « pas de douleur » à « douleur maximale inimaginable ». Un autre moyen d’évaluer votre état est de répondre à un questionnaire de qualité de vie, comme l’Endometriosis Health Profile-30 (EHP-30) et sa version courte l’EHP-5, ou le questionnaire SF-36.